De florissantes campanules bordaient l'allée, Emportées par le vent vif et violent de Mars, Elles luttaient contre l'ennemi venu bercer, Le visage d'une fillette au c½ur vivace, Ses cheveux voletaient au gré de l'alizé, Ses doux yeux brillaient d'une lueur écarlate. Elle s'était enfuie du village, craignant regards, Et compassion, et qu'en savait-elle encore ? Le soleil se couchait pour faire place au soir, Elle rejoignait l'Enfer, celui qu'elle abhorre, Celui qu'elle appréhendait, l'air sombre et hagard, Le visage rayé par ses longs cheveux d'or. Elle marchait à pas lents sur le chemin de feuilles, Qui crissèrent sous le poids de la maussaderie, Hurlant le désespoir de la fillette en deuil, Les larmes commencèrent à voiler ses beaux yeux gris, Ma jolie ; voici ta mère, voici son cercueil, Viens, viens l'embrasser tant qu'elle est endormie. Elle acheva sa promenade au coin d'un lac, Lequel était verdâtre et couvert de fleurs, Elle tourna sa tête et vit la pierre opaque, Puis tomba à genoux, implorant l'ultime heure, Clamant des imprécations à Dieu qui la traque, Sur ses joues rosies se confondaient ses mille pleurs. Le crépuscule s'étalait sur le ciel rouge sang, La belle demoiselle s'étendit de tout son long, Au côté de la tombe ternie par le temps, Les yeux clos, la bouche entrouverte, le dos rond, Elle dormirait pour l'éternité dans ce champ, Elle dormirait jusqu'à ce qu'elle meure d'inanition.